ON AURAIT PU EVITER TOUT CELA

on-aurait-pu-éviter-tout-ça« Tu vois là-bas c’est Kaboul… je peux prendre la ville en deux semaines et en deux mois nous aurons chassés les Talibans d’Afghanistan. »

L’homme au regard d’aigle qui tend le doigt vers l’horizon n’est pas un fanfaron, il y a vingt ans qu’il se bat et à son tableau de chasse il n’y a rien moins que l’invincible armée rouge qu’il a tenue en échec, un jeu qu’il affectionne. C’est le Lion du Panshir, Ahmed Shah, le célèbre Commandant Massoud.

« Le mollah Omar et ses fanatiques ne sont que des tigres de papier mais il faudra éliminer Al Qaeda, l’armée d’étrangers extrèmistes qui ont fait de notre pays la base arrière du terrorisme international. Cela devrait interpeller l’Occident qui sera inévitablement la prochaine cible de Ben Laden. Comment peut-on être aussi naïf ? Le plus dur pour nous sera Kandahar, où les fanatiques étrangers de la force 55 sont conditionnés : tuer ou mourir. Il y aura de grosses pertes mais l’Alliance du Nord connait le prix de la liberté. Tu peux nous aider, la France doit nous aider et entrainer les Européens! »

Son interlocuteur, Alain Madelin, n’est pas là par hasard, il était déjà dans cette vallée du Panshir, il y a plus de dix ans au côté de Massoud quand il guerroyait contre les Soviétiques. Une certaine pudeur fait que Madelin reste très discret quant à ses activités humanitaires. Cet aspect de son personnage est mal connu dans son pays, c’est un humaniste qui, du Cambodge au mur de Berlin, en passant par les Harkis, le Sénégal ou l’Ethiopie, a été de tous les combats pour la défense des droits de l’homme.